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Pistache , ou la douloureuse question

Auteur
Titlaine
Membre
#1 | Posté le:
4 Fev 2016 22:45
 
Bonsoir,
avant de créer la page de Pistache, j'aimerais vous raconter son histoire et sa fin trop douloureuse et atroce. Mes remords, mes doutes m'assaillent encore et les départs de Mimine et Ponette m'ont beaucoup appris.
Pistache est née un 19 août 2003, encore en pleine canicule. Sa mère était épuisée : elle avait mis bas un chaton géant comparé à sa taille. Première heure de vie : direct chez le vétérinaire. Sa mère ne s'occupait pas de la petite. Les premiers gestes, les premiers soins ont été donnés par moi. Un lien très fort déjà entre nous.
À trois semaines, sa mère est partie pour ne jamais revenir. C'était une toute petite chatte angora couleur fumée qui attirait les convoitises. A t elle été volée, a t elle rencontré un renard, car à cause de la canicule, il y avait des renards qui étaient en ville. Toujours est il que j'ai dû prendre en main l'éducation de cette chatte unique. Il a fallu trois semaines pour qu'elle soit à peu près propre. Par le jeu, elle a appris à ne pas griffé ni mordre. Le lien déjà très fort est devenu plus qu'intense. Plus grande, elle ne se montrait pas aux étrangers venant à la maison. Peut être 5 personnes ont pu la rencontrer, tout au long de sa vie. Quand je rentrais du travail, elle me criait pleine de reproches.
Pistache a dormi toutes ses nuits avec moi, contre moi serrée. Voilà pour la présentation de Pistache.
En juillet 2014, nous avons dû l'amener en urgence chez le vétérinaire. Insuffisance rénale au dernier degré. Le vétérinaire a proposé de nettoyer ses reins et de voir si elle réagissait au traitement. Je connaissais déjà cette maladie. Pitchoune l'avait eu mais pas à un tel degré. Ce qui était soignable pour Pitchoune ne l'était pas pour Pistache. Et c'est là que je n'ai pas pu me résoudre. Pistache a passé 15 jours à la clinique. Tout le monde l'aimait car elle était super câline et gentille. Elle se laissait soigner bien sagement. Je la voyais deux fois par jour pendant des heures. Quand ses taux sont redevenus acceptables, Pistache est rentrée à la maison.
Elle était fortement diminuée et là j'ai eu très mal et je n'arrivais toujours pas à poser la bonne question. La nuit de son retour, elle a eu une fausse route et ses poumons commençaient à se remplir d'eau. Retour aux urgences vétérinaires. J'étais tellement paniquée que le médecin de garde nous a séparées, je ne l'aidais pas. Alors, juste avant la séparation, Pistache m'a dit au revoir. J'ai vu dans ses yeux qu'elle ne voulait plus. Ce regard je l'avais déjà vu et je ne voulais pas. Elle était trop gentille , câline, douce pour que je la laisse partir. Elle s'est éteinte cette nuit là.
Depuis, je n'arrive pas Ă  faire mon deuil. Trop de questions se bousculent dans ma tĂŞte. Mon entĂŞtement Ă  la retenir l'a conduite Ă  une fin douloureuse, voilĂ  ce que je me dis.
Ces dernières semaines, j'ai dû prendre la décision de l'euthanasie pour Mimine et Ponette. Avec les mêmes doutes, ai je bien fait ? Pour Mimine la réponse était évidente : il n'aurait jamais remarche. Ce grand chat libre, privé de ses mouvements ? Non jamais ! Pour Ponette, c'était plus difficile et encore plus car les deux dernières semaines elle allait super bien. Même au moment de l'opération, elle avait une belle forme. Elle aurait pu vivre encore quelques jours, quelques heures ? Quelques semaines peut être ? Mais si c'est pour souffrir, à quoi bon ?
Beaucoup parmi vous ont dû prendre cette difficile et fatale décision. Si j'ai pu le faire ce dernier mois à deux reprises, c'est parce que la fin douloureuse de Pistache me l'a appris.
J'ose espérer que ma merveilleuse Pistache m'a pardonné. Moi j'ai beaucoup de mal à le faire.

Auteur
Mariechats
Membre
#2 | Posté le:
5 Fev 2016 10:27
| Edité par :Mariechats
 
Vous ĂŞtes comme moi, on a du mal Ă  se pardonner ce terrible et dernier acte d'amour.

Sur ce point là, je ne vous serai d'aucune aide, je ne peux vous apporter du soulagement je suis dans le même état d'esprit que vous: regrets, remords, culpabilité et le besoin essentiel d'avoir un signe de notre minou nous faisant comprendre qu'il nous a pardonné.

Pardonner quoi ? De l'avoir tant aimé que nous avons été capables de surmonter notre douleur et notre répugnance pour commettre un acte que l'on arrive même pas à pardonner à soi-même.

On a beau avoir de bonnes raisons médicales, des tonnes d'amour, notre conscience, notre coeur ne nous laissent pas un moment de répit, on ne trouve pas la paix.

C'est difficile dans de telles circonstances et dans l'état d'esprit et de questionnement où nous nous trouvons autant vous que moi de pouvoir faire son deuil. Nous sommes prisonnières de notre culpabilité, de notre chagrin et nous tournons en rond.

Marie

Auteur
superfetatoire
Membre
#3 | Posté le:
5 Fev 2016 12:54
 
Bonjour Titlaine (Danièle, je crois ?),

Je comprends très bien votre culpabilité en ce qui concerne Pistache, même si je n'ai pas vécu cela.

Une amie s'est trouvée dans un cas un peu similaire, à la différence que c'est son mari qui n'arrivait pas à prendre la décision. Leur chatte avait un cancer, il l'emmenait tous les deux jours chez le véto pour qu'il lui fasse une piqûre pourla requinquer un peu, alors que la pauvre n'en pouvait plus. Son mari n'arrivait pas à se résoudre à prendre LA décision, c'était trop dur pour lui, et il n'avait pas non plus dit à son épouse à quel point leur chatte allait mal. Ce n'est que lorsque mon amie a emmené elle-même la chatte chez le véto qu'elle a su à quel stade en était la pauvre petite mère. Mon amie a programmé l'euthanasie, et elle m'a dit que le jour où, seule, elle a emmené la chatte chez le véto, elle avait eu l'impression que la chatte la regardait en lui disant "ça y est, enfin, vous avez compris".

Culpabiliser en pensant qu'on leur a infligé une fin de vie douloureuse, c'est normal. Pour autant, pouvons-nous toujours savoir à quel point ils souffrent ? Non, surtout quand il s'agit d'un chat, car ils n'extériorisent pas la douleur comme le font les chiens. Les vétérinaires vous ont-ils alertée sur son état, sur sa souffrance, vous ont-ils dit qu'il ne fallait pas insister ?

Pour ma part, quand j'ai su que pour mon Ying c'était fini, j'ai voulu le ramener quelques heures à la maison pour la raison que j'explique dans le post "Yang a perdu son Ying", mais depuis qu'il est parti je me demande quand même si j'ai fait le bon choix. Il ne souffrait pas grâce à la morphine, il était juste inconfortable à cause de l'oedème. Ai-je eu raison de faire ce que j'ai fait, ai-je eu tort, je ne sais pas, je ne saurai jamais. Je sais juste que j'ai pensé à lui, j'ai voulu le rassurer, sans me demander comment j'allais supporter de devoir le conduire chez le véto quelques heures plus tard. J'ai espéré lui faire du bien, peut-être lui ai-je fait du mal, mais comment savoir ?

Vous ne pouviez vous résoudre à laisser partir Pistache, c'est compréhensible. Vous culpabilisez, c'est normal. Faut-il pour autant vous flageller ? Non. Votre amour pour elle vous a aveuglée, vous n'aviez pas la capacité à accepter de lâcher sa petite patte pour la laisser partir. Qui peut vous en blâmer ? Personne. Confronté à la réalité, on s'en sort comme on peut, on réagit comme on peut. Et vous le dites vous-même, cela vous a servi à comprendre.

Soyez certaine que Pistache vous a pardonné, si tant est que vous ayez quelque chose à vous faire pardonner. Vous n'avez pas mal agi, vous avez agi comme vous le pouviez. Quant à Mimine et Ponette, est-il vraiment nécessaire de vous dire que vous avez fait ce qu'il fallait faire ? Vous avez des doutes, mais tout au fond de votre coeur, vous savez que vous avez pris la bonne décision.

Courage Ă  vous, pardonnez-vous et ne doutez plus.

Bonne journée
Marie-Catherine

Auteur
Mariechats
Membre
#4 | Posté le:
5 Fev 2016 19:10
 
Bonsoir Danièle

Il y a dans le post "Nos plus belles histoires de chat", les textes de Marie-catherine et de
Anne-Marie écrits aujourd'hui pour toutes et pour moi en particulier et je crois que de les lire vous apaiserait comme ils m'ont apaisée.

Marie

Auteur
KEKER
Membre
#5 | Posté le:
6 Fev 2016 07:55
 
Bonjour Danièle,

Marie-Catherine a raison, vos minous ne vous en veulent aucunement, ils savent au plus profond de leur coeur que vous avez fait le maximum pour eux, ce que vous pensiez ĂŞtre le mieux pour leur bien-ĂŞtre...

N'ayez aucun regret, vous avez agi pour le mieux. Cela n'empêche pas la peine, oui, et le chagrin de ne plus les avoir près de nous, mais ils sont en paix et ne souffrent plus.

Comme le dit Marie-Catherine, il faut que vous arriviez Ă  vous pardonner !

Bon courage, n'hésitez pas à nous écrire si on peut vous aider.

amitiés,

Anne-Marie

Auteur
Titlaine
Membre
#6 | Posté le:
6 Fev 2016 11:55
 
Bonjour,
merci Marie, Marie Catherine et Anne Marie.
Mon histoire avec cette chatte était intense et l'est encore, elle me suivait partout, passait son temps à être à côté de moi, aboyait (si, si, je vous assure ) quand je rentrais en retard du travail. J'ai été sa maman dès le premier jour de sa vie. Ce lien si fort entre nous a été la cause de mes manquements pour les derniers jours de sa vie, la douleur aveugle, à un point tel que le vétérinaire m'a demandé de partir, c'est à cet instant que j'ai réalisé combien je n'aidais pas Pistache dans sa douleur.
Si aujourd'hui, je vais un peu mieux, il me reste encore Ă  accepter. ...

Auteur
superfetatoire
Membre
#7 | Posté le:
6 Fev 2016 12:28
 
Bonjour Danièle,

Je veux bien croire que Pistache aboyait, Ying, lui, grognait parfois ! Avec eux, nous avons eu 2 animaux en 1, un chien et un chat.

Auteur
mistigri13
Membre
#8 | Posté le:
6 Fev 2016 15:24
 
De tout coeur avec vous Titlaine surtout que malheureusement dans quelques temps je serai une fois de plus confrontée à cette terrible décision.
Sincère pensée.
Gi;

Auteur
Titlaine
Membre
#9 | Posté le:
6 Fev 2016 17:29
 
Bonjour Mistigri, je suis, d'un peu loin en ce moment, l'histoire de Calinou, vaillante petite chatte. J'ai pu voir combien Mistigri et Pistache se ressemblent. Merci pour vos fleurs et messages.
Danièle

Auteur
Titlaine
Membre
#10 | Posté le:
6 Fev 2016 17:31
 
Superfétatoire, j'ai eu un chien qui se prenait parfois pour un chat, avec son ami Pitchoune, un chat, ils faisaient les 400 coups !

Auteur
mumubert
Membre
#11 | Posté le:
24 Sep 2020 22:08
 
Titlaine
Bonsoir,
Je comprends votre état d'esprit Je ressens les mêmes doutes, la même culpabilité pour mon Mowgli. Le 11 août, je l'ai emmené chez le vétérinaire car il n'était pas très bien mais sans plus, il jouait, il mangeait. Et après une prise de sang, le ciel m'est tombé sur la tête. J'ai dû le faire partir, car il avait la pif. J'aurais pu le ramener à la maison, mais il fallait que je le laisse seul dans une chambre car il était contagieux et il y a d'autres chats. De plus, il aurait été malheureux, tout seul, il aimait trop être avec nous. Et pour combien de temps ? C'est une maladie incurable. J'ai donc dû le faire euthanasier, mais cette décision me hante encore et le fera encore longtemps. Je ne voulais pas qu'il souffre et en même temps, je me devais de protéger les autres mais ce n'est pas facile à vivre, car j'ai l'impression de l'avoir trahi. Bon courage à vous. Amicalement

Auteur
KEKER
Membre
#12 | Posté le:
25 Sep 2020 07:40
 
Bonjour Murielle,
Non, vous n'avez pas trahi votre Gligli !! Vous lui avez évité une mort pénible, des souffrances... ce n'est pas rien ! Et pensez à vos autres minous, la contagiosité... C'est une maladie incurable, il ne pouvait pas aller mieux, ça aurait été de pire en pire, et votre geste a été un geste d'amour pour lui, son dernier cadeau.
Je sais que tout ce qu'on pourra vous dire ne peut pas vous consoler mais peut-ĂŞtre apaiser un peu votre douleur...
Je vous embrasse, bien amicalement, et vous souhaite du courage !
Anne-Marie

Auteur
lepapou
Membre
#13 | Posté le:
25 Sep 2020 09:21
 
Bonjour Danièle,

L'histoire de vie de notre Papou a dû se terminer aussi par cette terrible décision que beaucoup d'entre nous ont vécu.

Mais je crois que cette citation que j'aime beaucoup résume bien ses situations difficiles :

"les plus grands actes d'amour sont parfois les plus difficiles Ă  accomplir."

Il ne faut pas culpabiliser Danièle .

Pistache a eu tout l'amour que vous pouviez lui donner et même si l'on a envie de les garder le plus longtemps possible, il faut parfois accepter la cruelle vérité pour nos compagnons ; les voir partir et leur éviter d'inutiles souffrances.

Je pense qu'ils nous en sont reconnaissants.

Bien amicalement.

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